Pouvez-vous échapper aux banques centrales?

Avant 2008, les particuliers se moquaient comme d'une guigne des banques centrales. La plupart des citoyens-contribuables, y compris de nombre d'investisseurs, ignoraient même totalement le rôle qu'elles avaient dans notre économie.

Tout au plus savions-nous qu'elles avaient permis l'omniprésence de la monnaie-papier et la disparition de "l'étalon-or". Voilà pour la culture monétariste moyenne de l'investisseur pré-subprimes.

Dans l'imaginaire collectif, le banquier central était une sorte de bureaucrate terne chargé de compiler des données plus ennuyeuses les unes que les autres pour adapter en conséquence le nombre de billets de banque à imprimer au cours du prochain mois. Son importance pour la bonne marche de la société semblait plus proche de celle d'un comptable de province que de James Bond.

Mais ça, c'était avant 2008 et l'âge d'or des pompiers-pyromanes de la monnaie. Aujourd'hui les décisions des banques centrales font non seulement la Une de la presse économique, mais aussi régulièrement celle de nos journaux généralistes.

John Law et les faiseurs de Rois

Il faut reconnaitre que les Greenspan, Trichet et autres Draghi n'ont rien inventé. La falsification monétaire est vieille comme le monde, et tous les gouvernements en place ont fini, tôt ou tard, à céder à la facilité en détruisant leur propre monnaie.

C'est pour cette raison que les monnaies fiduciaires sont vouées à perdre toute valeur. Cela se fait parfois à l'échelle d'une vie comme avec le dollar américain, parfois à l'échelle de quelques mois comme au Zimbabwe ou, plus récemment, au Vénézuela, mais l'inflation finit toujours par arriver et laminer la valeur de la monnaie.

Le problème avec l'inflation c'est qu'il n'y a pas de retour en arrière. Une fois la machine lancée, rien ne peut plus l'arrêter et les dollars, francs ou bolivars tant convoités auparavant deviennent de simples papiers décoratifs.

C'est pour cette raison que l'espérance de vie d'une monnaie a finalement peu d'importance. A l'échelle d'une carrière, toutes les monnaies passeront tôt ou tard par la case "inflation", et peu importe que cela arrive 5 ans, 10 ans, ou 20 ans avant la retraite: dans tous les cas, la valeur réelle de votre épargne et de vos rentes devient dérisoire.

La protection par les actifs: oui, mais...

Nous sommes de fervents partisans de la protection de l'épargne par l'achat d'actifs. Qu'il s'agisse d'actions, d'immobilier, d'or ou de carnets de timbres, tous feront mieux à long terme que des billets sous le matelas (ou pire, que de l'argent placé sur un compte bancaire).

Le problème aujourd'hui est d'arriver à trouver des actifs dont la valeur n'ait pas été pervertie par les banques centrales.

Vous vous direz, cher lecteur, que la valeur de tous les actifs étant libellée en monnaie locale, les banques centrales ont in fine la main sur les prix. C'est vrai: en contrôlant les masses monétaires, elles peuvent orienter l'ensemble des prix à la hausse ou à la baisse. Cependant, l'expérience des dix dernières années montre que les acteurs économiques n'étant ni totalement idiots, ni sur Terre pour aider les banques centrales dans leur mission coûte que coûte, ils adaptent leur comportement comme bon leur semble. Les actions sur la masse monétaire ne se traduisent pas toujours par une réaction sur les prix.

Cela fait plus de dix ans maintenant que les banques centrales essaient de relancer la consommation et l'inflation. Après l'ouverture en grand des vannes du crédit (échec), la baisse des taux à zéro (échec) puis en territoire négatif (échec), elles sont décidé de passer à la vitesse supérieure en achetant directement des actifs.

Quels actifs échappent encore à la manipulation?

Si vous nous lisez de longue date, vous savez que le marché de la dette est totalement manipulé. Les banques centrales achètent des obligations d'Etat et d'entreprises depuis plusieurs années.
Ce scandale a lieu au grand jour: la BCE écrit noir sur blanc, sur son site web, qu'elle a procédé à plus de 2000 Md€ (400 fois les sommes en jeu dans le scandale Kerviel qui était censé mettre en péril l'économie européenne) de rachats d'obligations depuis 2015.

En tant que particulier, vous n'avez certainement pas la tentation d'investir sur des obligations d'Etat, d'autant que leur rendement est désormais clairement négatif. Il s'agit donc pour vous d'un problème entre investisseurs institutionnels et banques centrales.

Vous pourriez être tenté de vous reporter sur les marchés actions qui, eux, fournissent encore un rendement correct.
Las! Les banquiers centraux n'ont pas résisté à la tentation de manipuler également les indices boursiers mondiaux et, de ce fait, la valeur des titres qui les composent.

Notre maître en la matière est la BoJ. La banque centrale japonaise a franchi un nouveau cap: elle est désormais actionnaire majoritaire de 40% des entreprises cotées au NIKKEI.

Il s'agit d'une véritable nationalisation qui ne dit pas son nom. Pire encore: elle est financée avec de l'impression monétaire, l'impôt le plus injuste qui soit.

Comment pensez-vous que cette fuite en avant se terminera pour les indices mondiaux? Soit par un krach majeur, soit par la disparition pure et simple des monnaies concernées.

Plus que jamais, votre survie financière dépend de votre capacité à acquérir des actifs loin de l'emprise des banques centrales. Choisissez l'or, les actions et obligations d'entreprises non-cotées, les forêts ou les vignes... mais n'enfermez pas votre épargne dans des actifs dont la valeur n'a plus rien d'honnête!

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