Après 10 investissements, le bilan

Entre 2017 et 2018, j’ai investi dans une dizaine de projets en crowd-equity, auprès de plusieurs intermédiaires différents. Pour cet hebdomadaire, j’avais envie de vous faire part de cette expérience avec transparence et pédagogie.

Ainsi, aux côtés d’une « foule » d’autres investisseurs, il m’a été donné de faire l’acquisition de parts de startups françaises, suisses, mais également britanniques à travers les holdings créées à l’occasion pour les besoins de leur levée de fonds.

Concrètement, hormis la sélection des projets qui est un vaste sujet à lui seul, le processus est très peu complexe. Il ne devrait pas faire fuir les phobiques de l’administratif.

 

Les étapes de l’investissement

L’inscription sur les sites de crowdfunding est grandement facilitée par la présence d’interfaces intuitives pour l’utilisateur. En amont, muni d’une copie de ma carte d’identité, d’une facture d’électricité de moins de trois mois, mon inscription a pu être validée rapidement.

Ensuite, il suffit de sélectionner le projet sur lequel vous voulez investir et remplir le bulletin de souscription, rien de chronophage à cela.

Le paiement se fait généralement par virement ou par carte bancaire pour des montants plus faibles

Lorsque la levée de fonds est terminée, la plateforme valide ma participation. En cas d’échec de la collecte, c’est-à-dire que si la somme visée par l’entrepreneur n’a pas été atteinte, le prestataire de paiement rembourse le montant du placement.

Cela ne m’est jamais arrivé.

 

Les voies de répartition du risque

Une gestion théorique et mathématique du risque devrait inciter les investisseurs à placer la même somme dans chaque projet. Dans la réalité ce n’est pas toujours possible.

A titre personnel je dois dire avec le recul que cela a plutôt dépendu de ma capacité financière du moment.

Il existe donc quelques déséquilibres de sommes d’un projet à l’autre mais qu’importe, à chacun selon ses moyens.

En plus de sortir une partie de mon épargne du système bancaire, mon risque s’avère tout de même bien réparti :

Entre plusieurs projets et secteurs d’activité (biotech, medtech, foodtech, services aux entreprises, etc) ;
Entre plusieurs plateformes ;
Et entre trois pays et devises différentes (euro, franc suisse et livre sterling).

 

Un investissement pour quelles perspectives ?

Entre une et deux années se sont écoulés depuis les collectes de fonds. Il est donc encore trop tôt pour jauger la rentabilité de mon investissement.

Sans surprise, à ce stade précoce de l’investissement aucune sortie positive n’est donc à signaler. En crowd-equity, il faut escompter une illiquidité de son patrimoine pendant une poignée d’années. Quatre, cinq, six ans ou plus ? Il n’y a pas de règle, cela dépend vraiment des dossiers.

Le financement de startups françaises m’a permis de profiter de la réduction de l’impôt sur le revenu (IR) prévu par la loi Madelin, en année n-1. Si ce n’est pas cette carotte fiscale qui a guidé mon investissement, le bonus s’avère tout de même appréciable.

Depuis mes premières participations, un seul des projets sur la dizaine en « portefeuille » est actuellement en difficulté. Au mieux, je peux espérer une reprise par un concurrent avec un risque de décote de la valeur des actions vues les difficultés financières de l’entreprise qui y ont conduit…

Au pire, ce sera la perte sèche.

Je vous l’accorde, il n’est pas facile de voir un business dans lequel on a cru se faire happer par des contraintes économiques, financières, règlementaires ou tout simplement humaines … Pas plus qu’il n’est agréable bien sûr, d’avoir la crainte de perdre sa mise initiale.

Mais croyez-moi, cela fait partie du jeu, surtout pour un investissement risqué comme le crowd-equity.

Après tout, la vie des startups est tumultueuse, peuplée d’incertitudes et de difficultés. Les plus robustes survivront et compenseront alors largement ce défaut, je n’en ai pas le moindre doute.

Il n’y aurait pas un tel potentiel de gains dans le domaine, si la part de risque était négligeable.

Pour le reste, je peux vous assurer qu’il est palpitant de voir croître l’activité des autres dossiers : nouveaux clients, gains en parts de marché, partenariats stratégiques noués, produits délivrés, évolution du business model, nouveaux produits commercialisés, développement à l’international…

La vie d’une entreprise est riche et pleine de rebondissement. En tant qu’actionnaire vous êtes davantage qu’un simple observateur. La croissance du chiffre d’affaires et les bénéfices de l’entreprise est votre fer de lance.

Vous savez alors, d’une manière ou d’une autre, que vous avez misé sur le bon cheval et en tant qu’investisseur de la première heure, l’entreprise en laquelle vous avez eu confiance vous le rendra en vous offrant de superbes plus-values.

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