Ce que le trou d’air du CAC 40 nous apprend

Cette semaine, nous avons une petite pensée émue pour les journalistes économiques.

Voilà un mois que le CAC 40 oscillait entre 5800 et 5970 points. Quel beau chemin parcouru depuis l'été calamiteux qui avait vu l'indice phare retomber sur les 5200 points!

L'attrait des 6000 points semblait irrésistible, et toutes les rédactions avaient préparé bien au chaud leurs gros titres sur le retour de l'indice parisien sur ce niveau jamais atteint depuis 2007...

Patatras. Hier, les marchés européens se sont retournés et ont effacé en une seule journée deux mois de progression. Le mois de décembre démarre sur les niveaux de fin octobre, et les 6000 points "avant la fin de l'année" ne sont plus du tout une évidence.

5200... 5600... 5800... et plouf.

Voilà comment les vérités communément acquises disparaissent du jour au lendemain. Le consensus du moment, que personne n'oserait mettre en question de peur de passer pour le plus parfait idiot, se volatilise et fait place à l'incertitude et au doute.

La tendance est désormais baissière et la question n'est plus tellement de savoir si l'indice va franchir les 6000 points, mais plutôt si le mois de décembre 2019 ressemblera à celui de l'année dernière. Pour mémoire, les Bourses avaient perdu 8% sur le dernier mois de l'année et la perte par rapport au début novembre dépassait les 17%.

8% de baisse, c'est une perte sensible pour un portefeuille d'actions, mais ce n'est pas un chiffre démesuré. Par rapport aux plus-hauts de novembre, le CAC 40 serait alors aux alentours des 5500 points - soit le niveau de début d'octobre.

Disons-le clairement: nous n'avons pas de boule de cristal et ne prévoyons pas une baisse du CAC 40 avant la fin de l'année. Nous ne vous recommandons pas de liquider votre PEA et de tout investir en crowd-lending pour être rémunéré à taux fixe le temps de "laisser passer le krach".

Nous assumons notre naïveté et notre manque de clairvoyance. Nous ne savons pas si la tendance haussière va reprendre comme elle l'avait fait après l'alerte de fin septembre, ou si la correction va se prolonger jusqu'aux 5500 points (voire plus bas).

Les formules incantatoires basées sur les performances annuelles moyennes, les évolutions traditionnelles des mois de décembre, la guerre commerciale sino-américaine ou la texture du marc de café ne sont que de la superstition: une façon de se rassurer et de voir un semblant d'ordre dans un phénomène connu pour être chaotique.

La fin de l'année approchant, vous verrez les experts vous annoncer fièrement pourquoi et comment les prix des actions cotées et des indices iront là où ils le prévoient.
Statistiquement, la moitié aura tort, l'autre raison. Ceux qui se sont trompés dans leurs prédictions les passeront sous silence, et le reste pourra pérorer... Cela fait tout de même 50% des analystes qui pourront se targuer, à la rentrée, d'avoir su prévoir l'imprévisible!

Nous n'échapperons pas au concert d'auto-satisfaction de ceux qui auront choisi le bon côté de la pièce tirée à pile ou face et pensent désormais être capable de prédire l'avenir.

Que faire face à l'imprévisible ?

Tout ce que nous savons avec certitude, c'est que les deux scénarios, la hausse comme la baisse, sont possibles.

Si cette platitude vous fait sourire par sa banalité, tant mieux! Vous faites partie des investisseurs cartésiens. La plupart des personnes, lors qu'elles sont face à cette remarque qui tient de l'évidence, vont pourtant se crisper instantanément et camper sur leur position.

"Les marchés vont monter! L'impression monétaire est à son comble et la guerre commerciale entre les USA et la Chine sur le point d'être résolue. Les baissiers sont des idiots!", diront les bulls. De leur côté, les bears rétorqueront de façon tout aussi convaincue que les marchés sont à la veille d'un krach bien mérité. Après tout, "la Chine enregistre un taux de croissance de plus en plus faible, les USA sont en pleine tempête politique et l'Europe s'enfonce dans la dette".

Les premiers renforceront leurs positions, les seconds liquideront les quelques actions qu'ils détiennent encore après 10 ans de hausse.

Vous n'êtes pas obligé de jouer votre égo dans ces querelles de chapelle.

Vous pouvez prendre acte de la volatilité des marchés et construire votre stratégie d'investissement sur des faits.

Rappelons quelques évidences supplémentaires:

  • L'évolution des marchés est aléatoire sur le court terme
  • Sur le long terme, la progression des indices est corrélée avec l'augmentation de la masse monétaire et de la production
  • Sur des périodes d'investissement dépassant les 5 ans, les portefeuilles diversifiés ont des performances supérieures
  • Acheter plusieurs actions d'un même indice ou des ETF d'indices équivalents n'est pas de la diversification vue l'intrication actuelle des marchés financiers.

Pour compléter le tableau, constatons également que la bulle de tout a fait monter simultanément tous les actifs, mêmes ceux qui sont généralement inversement corrélés. Après la hausse généralisée qui n'était prévue par aucune théorie économique, nous pourrions avoir affaire dans le futur à son pendant baissier.

Face à tant d'incertitude, vous vous demandez certainement ce que vous pouvez faire pour maximiser vos chances de gagner de l'argent. Je vous donne rendez-vous mardi prochain pour lire notre petit guide de survie financière. Il vous donnera toutes les pistes pour une année 2020 des plus lucrative.

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