Ce que les insiders prévoient pour 2019

La semaine dernière, je vous parlais de la capitulation morale de la FED qui s'est mise de facto à la merci des marchés en avouant intégrer l'évolution des indices dans l'élaboration de sa politique monétaire.

Il est toujours intéressant, dans ce contexte, de surveiller les réactions de l'argent intelligent. Je ne parle pas ici des grosses mains qui manipulent les indices boursiers: la correction de ces derniers jours a été abondamment commentée dans la presse économique.

Je vous parle des investisseurs avisés, qui gèrent des fortunes et opèrent sur le marché obligataire.

Il faut savoir que le marché obligataire fait office de "cour des grands" par rapport au marché actions dans lequel les particuliers investissent. Les sommes échangées quotidiennement sont sans commune mesure: sur les marchés américains, il s'échange chaque jour pour 700 milliards de dollars d'obligations contre seulement environ 200 milliards de dollars d'actions.

Autant dire que le marché obligataire est beaucoup plus difficilement manipulable pour des intervenants peu scrupuleux. En faisant abstraction de la politique monétaire des banques centrales, qui écrase d'une chape de plomb les taux directeurs, les évolutions au jour le jour sont bel et bien le fruit de l'évolution du sentiment des intervenants.

Ce dernier ilot de "capitalisme pur" n'a donc rien à voir avec nos indices boursiers et leurs variations tristement téléguidées. Il nous apporte de la véritable information sur les anticipations économiques de ces intervenants de premier ordre.

Que nous disent-ils? Que la situation économique n'est pas aussi rose que la Bourse ne veut le croire.

La semaine dernière, la courbe des taux d'intérêt des emprunts américains s'est inversée. Depuis vendredi, les emprunts de court-terme sont devenus plus lucratifs que les emprunts à 10 ans, référence bien connue des taux de long terme.

Les investisseurs avisés pensent qu'il est plus risqué de prêter à court terme qu'à long terme. En d'autres termes: ils s'attendent à une récession imminente.

Hier encore, il était plus rentable d'investir à horizon 1 mois qu'à 10 ans sur les emprunts américains. Source: US Dept. of the Treasury

Le marché obligataire ayant la réputation d'être un indicateur fiable, que faut-il anticiper? Si ces intervenants ont raison, l'économie ne va pas aussi bien qu'annoncé.

Les profits des entreprises ne devraient pas croître beaucoup cette année. Le profit warning de Samsung la nuit dernière, qui s'attend à des ventes plus faibles que prévu cette année, pourrait en être la première manifestation. De leur côté, les banques centrales devraient encore poursuivre leur politique monétaire "accommodante" qui favorise l'endettement et punit l'épargne.

Quelles conséquences pour les investisseurs particuliers qui n'investissent pas dans les bons du Trésor américain?
Premièrement, le coût de l'argent devrait rester bas cette année encore. Tant pis pour les bulles qui vont continuer de gonfler, et tant mieux pour les entreprises qui cherchent à faire croitre leur activité.
La pilule risque d'être plus amère sur le marché actions: les cours seront ballottés entre la pression inflationniste due à l'expansion monétaire, et un biais baissier en cas de ralentissement économique et de résultats d'entreprises moins bon que prévu.

Alors que le printemps pointe déjà son nez, il semble bien que 2019 ne sera pas l'année de la normalisation monétaire que nous pouvions espérer.

Il est donc plus urgent que jamais de protéger votre épargne avec des actifs réels: métaux précieux, foncier, et actions d'entreprises non cotées.

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