Cette année encore, la BCE assassinera vos investissements

Nous le craignions, c'est désormais officiel: la normalisation monétaire n'aura pas lieu.

Jeudi dernier, la Banque Centrale Européenne a décidé de reporter la hausse de ses taux directeurs à l'année prochaine (au plus tôt) et de rouvrir les vannes de la création monétaire avec de nouvelles opérations de financement à long terme en septembre.

En annonçant maintenir ses taux directeurs au plancher "aussi longtemps que nécessaire", l'institution confirme sa volonté de continuer à injecter de la fausse monnaie dans les marchés pour espérer la voir ruisseler vers l'économie réelle.

Cet argent frais (et factice) continuera-t'il a faire grimper simultanément les prix de l'immobilier, des actions, et des obligations? C'est en tout cas le pari de la BCE, et tant pis pour les épargnants qui espère simplement obtenir de leurs placements un rendement en rapport avec le risque pris.
L'argent durement gagné et économisé, parfois durant toute une vie, est mis en concurrence déloyale avec les tombereaux de fausse monnaie qui se réfugient dans les valeurs mobilières.

Vous souhaitez acheter toutes les entreprises du CAC 40 pour investir sur l'économie française dans son ensemble? L'indice n'est qu'à 20 % des sommets historiques atteints lors de la bulle des .com, et vous offre un rendement inférieur à 3,5%.
A la réflexion, les actions vous semblent bien chères pour ce maigre rendement, et vous préférez vous tourner vers les emprunts obligataires? Qu'à cela ne tienne, les entreprises de la place parisienne émettent régulièrement des obligations qui s'échangent sur les marchés secondaires.
Vous pouvez prêter à des banques qui ne doivent leur survie qu'aux injections de liquidité de la BCE à des taux actuariels de 0,57%, 0,17%, ou 0,59%...
Et ne parlons même pas des emprunts d'Etat: la France, dont vous connaissez l'état des finances publiques, ne rémunère ses prêteurs que pour les emprunts dont l'échéance est supérieure à 7 ans. Pour tout emprunt d'échéance plus courte, les prêteurs sont gratifiés d'une rémunération négative allant jusqu'à -0,46%.

Les investissements classiques seront par conséquent, cette année encore, bien trop chers pour le rendement qu'ils apportent. Les particuliers qui investissent dans les valeurs mobilières cotées ou les assurances-vie verront leur valeur réelle diminuer, ou devront prendre des risques démesurés.

Nous prônons la diversification, cher lecteur, mais force est de constater que répartir ses investissements sur les marchés côtés, même en variant les véhicules d'investissement, n'est pas de la diversification mais simplement l'achat de différents titres tous sur-évalués.

Dans ce brouillard, il reste une lueur: l'investissement dans les entreprises trop petites pour intéresser les prédateurs financiers. Elles ont souvent du mal à trouver de l'argent et rémunèrent leurs prêteurs en conséquence.

Nous avons déniché une de ces pépites qui effectuera une levée de fonds cet après midi, et rémunèrera ses actionnaires à hauteur de 10% par an. L'entreprise est en croissance, et rentable. La seule raison pour laquelle elle fait appel au financement participatif : son jeune âge, qui fait qu'elle ne rentre pas dans les grilles de financement bancaire.
Elle a donc le choix: attendre 2 ans de plus et se faire financer à 2%, ou faire appel à l'épargne participative, rémunérer les prêteurs à 10% par an, et gagner 2 ans sur son développement.
Confiante dans ses capacités, l'entreprise a fait le second choix, et cette opportunité de financer l'économie réelle passe à-côté du tapis de bombes financier de la BCE. Tant mieux pour nous!

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