Combien vaudra votre épargne après le confinement?

Alors que débute ce qui sera peut-être la dernière semaine de confinement total dans notre pays, il est temps de penser à l'après.

Si envisager un repas au restaurant reste, pour l'heure, un rêve, il n'est plus interdit de planifier une promenade, un déjeuner en famille, voire des investissements.

La situation exceptionnelle que nous avons traversée a donné lieu à des comportements tout aussi nouveaux. L'économie française a été tiraillée entre baisse de la consommation et baisse de l'activité, réduction des dépenses comme des salaires, et forces inflationnistes contre effets déflationnistes.

L'heure du retour progressif à la normale étant venue, il est temps de commencer à faire le bilan pour savoir sur quel pied les investisseurs particuliers peuvent danser.

Le paysage économique d'après-confinement

Rappelons, en guise de préambule, que nous naviguons sur des eaux inconnues. Aucun économiste, aucun analyste n'est, à ce jour, capable de prédire la manière dont l'économie repartira un fois le confinement levé.

Nul ne sait si les citoyens se jetterons sur leur carte de crédit pour commander sur Amazon et reprendront le chemin des centre commerciaux pour une longue séance de shopping, ou si, effrayés par l'incertitude, ils renforceront leur épargne de précaution.

Investir en pariant sur l'une ou l'autre de ces deux hypothèse, c'est jouer à pile ou face - exactement le genre de stratégie ruineuse que nous déconseillons.

Reste que certaines tendances commencent à se dessiner.

L'OFCE calculait, mi avril, que la baisse de la consommation était supérieure à la baisse des revenus. Autrement dit, les Français sortiraient en moyenne plus riches du confinement qu'ils n'y étaient entrés. Cette prévision semble se confirmer. Sur le seul mois de mars, les dépôts bancaires ont augmenté de 20 milliards d'euros.

Le mois d'avril ne devrait pas faire exception.

C'est une donnée importante. Avec un excédent d'épargne évalué à 55 milliards d'euros, et considérant le témoignage de courtiers en ligne qui annoncent une activité record en terme d'ouverture de comptes pour particuliers, les investissements devraient repartir en trombe.

Les épargnants auront toutefois un concurrent de taille: l'argent imprimé par les banques centrales.

Vraie contre fausse monnaie, qui emportera le match?

Vous n'êtes pas sans savoir que, quel que soit le marché, les grosses mains font la pluie et le beau temps. Que l'on parle d'action cotées, d'immobilier, ou de financement d'entreprises, les investisseurs particuliers doivent garder à l'esprit qu'ils ne peuvent investir que sur les opportunités que les leaders dédaignent.

Ce n'est pas un problème en soi. Nous sommes ravis de toucher des rendements à deux chiffres en financement participatif lorsque nous prêtons à des entreprises trop petites pour intéresser les banques.

C'est simplement une vérité à garder à l'esprit.

Or, nous sommes entrés dans une nouvelle phase du Grand N'importe Quoi monétaire. Nous avions tenté, au début de la crise, de maintenir la liste de toutes les aides sans condition distribuées par le gouvernement français.

Inutile de vous dire que nous avons perdu le fil rapidement.

Pas une semaine ne se passe sans que nous apprenions l'existence d'un nouveau "coup de pouce" gouvernemental à destination des particuliers, des indépendants ou des entreprises.

Il pleut de la fausse monnaie.

Le plus simple, pour mesurer l'ampleur du phénomène, est de remonter à la source. Vous savez que les gouvernements européens sont totalement ruinés: l'argent qu'ils distribuent est par conséquent emprunté. Les investisseurs ne courant plus les rues, ce sont les banques centrales qui règlent désormais, par des moyens détournés, l'addition.

La Banque Centrale Européenne, que l'on ne pouvait déjà pas qualifier de rigoureuse, a fait sauter les derniers verrous de sa politique monétaire à la faveur de la crise. Un plan de rachat d'actifs de 1 000 milliards d'euros a été décidé fin mars.

Je vous passe, cher lecteur, les détails techniques sur l'emploi de cet argent. Sachez simplement qu'il s'agit d'acheter de la dette publique et privée sans respecter les anciens garde-fous qui prévalaient jusqu'ici.

1 000 milliards d'euros, c'est la moitié de la dette publique française qu'il nous a fallu un demi-siècle pour accumuler. Ce montant sera injecté dans l'économie en quelques semaines.

Les épargnants particuliers, avec leurs 55 milliards, feront une fois de plus pâle figure face au rouleau compresseur monétaire.

Que faire de son argent après le confinement?

Notre premier conseil reste le même que les semaines passées: ne vous précipitez pas. Les plates-formes commencent à remettre en ligne des projets de financement participatif (notamment des produits immobiliers), mais cela ne vous engage à rien.

N'oubliez pas que le comportement des acheteurs immobiliers une fois le confinement levé reste inconnu. Il n'y a donc aucune raison de participer à ces levées de fonds qui se font avec des rendement entre 8% et 12% comme avant la crise alors que le paysage économique a changé.

[NDLR: La gestion du risque est au cœur de la stratégie d'analyse de Crowd-Funding.fr. Pour découvrir les dossiers présentant le meilleur ratio rendement/risque, rejoignez-nous et découvrez les levées les plus prometteuses! ]

Nous savons que, si vous avez l'habitude d'épargner une petite somme chaque mois, vous commencez à trouver le temps long et piaffez d'impatience à l'idée de reprendre vos investissements.

Nous sommes dans le même cas.

Il nous faut toutefois garder à l'esprit que la situation n'est plus la même qu'en janvier. Valoriser correctement le risque est devenu impossible sur de nombreux secteurs - et il faut attendre que la situation se stabilise avant de revenir sur ces dossiers.

D'ici là, gardez espoir. Le bazooka monétaire de la BCE va perturber encore plus l'accès au crédit. Les insiders pourront lever de la dette à taux zéro (voire négatif). A contrario, les acteurs de l'économie réelle qui ne sont pas dans les petits papiers des banques, auront toujours besoin de l'épargne participative pour boucler leurs levées de fonds.

Ce vrai argent, le vôtre, est irremplaçable. Il retrouvera sa place dans la chaîne de valeur dans quelques semaines - et sera alors correctement rémunéré.

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