Coronavirus: et maintenant, le hold-up économique

"A tout prix". "Quoiqu'il en coûte".

C'est avec ces mots que nos dirigeants nous ont précipités dans la bataille contre le nouveau coronavirus.

Donnant la priorité absolue à la diminution à court terme du nombre de morts, ils se sont engouffrés dans un confinement généralisé dont l'efficacité était inconnue et la méthodologie de sortie inexistante.

Notre "stratégie" de confinement fait penser à celle d'une personne saine qui monterait dans un bus bondé en retenant sa respiration pour ne pas être contaminée. Réalisant que 14 secondes d'apnée ne seraient pas suffisantes pour atteindre le prochain arrêt, elle redouble d'efforts pour 14 secondes supplémentaires. Peut être décide-t-elle d'une troisième prolongation... mais vous imaginez bien comment l'aventure se termine pour notre voyageur prudent mais imprévoyant. Arrive nécessairement un moment où le passager ouvre grand la bouche et ruine tous ses efforts - ou meurt d'asphyxie de n'avoir pas voulu prendre le risque de respirer.

Voilà le traitement qui est réservé à notre tissu économique sous prétexte de gestion de crise sanitaire.

Le hold-up de nos économies

L'INSEE, que l'on ne peut accuser d'être peuplée de dangereux trublions anti-gouvernement, a fourni ses premières estimations du coût du confinement.

Selon ses chiffres, l'activité économique aurait chuté, sur les deux dernières semaines de mars, de 35% par rapport à l'année dernière. Un PIB qui se contracte de 35%, c'est du jamais vu en période de paix.

Pour mémoire, durant la crise des subprimes, le PIB français était passé de 2,918 Md$ en 2008 à 2,643 Md$ en 2010. Cette chute a représenté une baisse de 9,42% en deux ans, et il est inutile de vous rappeler dans quel état elle a laissé notre économie.

Le confinement, c'est une récession représentant 3,5 fois la crise des subprimes concentrée sur deux semaines au lieu de deux ans. Chaque quinzaine de prolongation ne fera qu'empirer la situation.

Il est évident qu'aucun acteur économique ne survivra longtemps à un tel traitement. Pour aider leurs administrés à passer cette épreuve inouïe qu'ils ont eux-même créée, les gouvernements occidentaux ont une solution toute trouvée: distribuer de l'argent gratuit.

Le cadeau empoisonné de nos gouvernements

La distribution de milliards n'en finit plus. Le très libéral gouvernement de Hong Kong avait ouvert le bal au printemps en promettant des chèques de 1000$ à ses citoyens. Depuis, la plupart des pays lui ont emboîté le pas. Financement du chômage partiel, aides directes aux entreprises, rachat d'obligations, garanties d'état, injection d'argent dans le circuit bancaire et bientôt nationalisations: toutes les mauvaises idées économiques semblent, d'un coup de baguette magique sanitaire, passées du côté des solutions responsables.

Ne nous voilons pas la face: en économie, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Si l'impression monétaire, l'administration des prix et la distribution d'argent gratuit ont eu des conséquences terribles à chaque fois que les gouvernements s'y sont essayés par le passé, les choses ne seront pas différentes en 2020.

Rappelons ce principe de base de la condition humaine: faire une mauvaise chose pour les meilleures raisons qui soient ne rend pas le résultat positif.

L'enfer économique, lui aussi, est pavé de bonnes intentions.

Différenciez bien l'argent de la richesse

Pour les salariés du privés, entrepreneurs et professions libérales, la perte de revenus due au confinement a été immédiatement visible. La douleur fut violente et bien perceptible dès la mi-mars. Pour les retraités et fonctionnaires, la politique mise en œuvre peut encore sembler indolore tant que les revenus ne se tarissent pas.

Il ne faut cependant pas oublier que salaires versés par l'État, rentes et pensions ne poussent pas sur les arbres. Elles sont prélevées sur l'économie productive. Si cette dernière cale, les citoyens dont les revenus dépendent de près ou de loin de l'État feront eux-aussi face une baisse drastique de pouvoir d'achat.

Les euros dont nous disposons pour faire nos courses ne sont pas de la richesse mais un droit d'achat sur une fraction des richesses produites et stockées dans notre zone économique.

Un billet de 50 € permet d'aller au magasin acheter pour 50 € de denrées qui ont été produites parfois il y a des mois (richesse stockée). Il permet aussi de payer un plombier venu déboucher un évier récalcitrant (richesse créée).

A quoi nous serviront les euros fraichement imprimés par la BCE et gracieusement distribués par l'État si les rayonnages des magasins sont vides? Quelle sera l'utilité d'un billet tout juste retiré au distributeur si votre plombier n'a pas le droit de se rendre chez vous pour cause de confinement? Ou s'il ne peut plus procéder à son intervention car l'entreprise qui fabrique les pièces de rechange a dû cesser son activité car elle avait été jugée "non-essentielle"?

Sans création de richesse, l'impression monétaire et les aides publiques ne sont qu'une redistribution qui ne dit pas son nom.

Ne cédez pas à la facilité promise par le discours politico-médiatique ambiant. Aucune mesure d'aide ou de soutien ne peut améliorer la situation économique du pays. Seul le travail crée de la richesse, et tant que les acteurs économiques seront cloitrés à domicile, le pays s'appauvrira jour après jour.

Tout le monde payera la note: indépendants, salariés, fonctionnaires, retraités et même ceux qui avaient la chance de vivre jusqu'ici des fruits de leurs investissements.

La seule inconnue est dans quelle mesure chaque acteur économique sera mis à contribution. Une chose est sure: a défaut d'alternative, les fourmis payeront pour les cigales. Les crises économiques se sont toujours soldées ainsi.

Thomas Beaudry

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