Déconfinement: risques et opportunités

Aujourd'hui, la France retrouve timidement le chemin de la vie normale.

Cafés et restaurants peuvent rouvrir (sous condition), les déplacements loin du domicile sont de nouveau autorisés (sous condition), les lieux d'enseignement peuvent reprendre du service (sous condition).

Bref, le pays revient à la vie sociale et économique, mais le mois de juin 2020 ne ressemble pas à celui de 2019.

Les investisseurs particuliers qui ont fait le gros dos depuis plus de deux mois ont hâte de reprendre leurs investissements pour placer les liquidités accumulées durant le confinement. Après onze semaines d'activité économique au point mort et d'incertitude maximale, les bonnes nouvelles sanitaires incitent à l'optimisme et investir pour l'avenir redevient envisageable.

Hommes politiques, entrepreneurs et leveurs de fonds l'ont bien compris. Tous nos standards de prudence, de normalité et de perception du risque ayant volé en éclat au mois de mars, des propositions totalement indécentes voient le jour sans aucune retenue.

 

Risques et opportunités du "nouveau monde"

Je vous en parlais la semaine dernière, nos gouvernements sont en train de préparer le plus grand hold-up monétaire de l'Histoire européenne. Las, le billet rédigé mardi dernier est déjà rattrapé par la réalité. Ce ne sont finalement pas 500 milliards d'euros qui devraient être distribués aux Etats européens impécunieux mais 750 milliards d'euros.

Un gonflement de +50 % d'une enveloppe de financement pour Etats en faillite n'étonne plus personne. Il y a dix jours, nous ne savions pas si cet argent gratuit prendrait la forme de subventions à fonds perdus ou d'avances remboursables à la Saint-Glinglin. La Commission européenne a tranché: dans sa grande générosité, ce sera... les deux.

Le risque de ce montage, vous le connaissez. Soit les investisseurs étrangers sont les dindons de la farce et se retrouvent à payer, par leur achat d'emprunts européens, notre mode de vie et nos Etats-providences insoutenables; soit les euro-bonds sont un bide et la zone Euro est contrainte de recourir une fois de plus à la planche à billet. Ce sera alors l'inflation qui s'abattra sur notre pays, avec des conséquences dramatiques pour les retraités et les épargnants.

Les entrepreneurs et plates-formes de levées de fonds ne manquent pas non plus de culot. Profitant de l'appétence retrouvée des investisseurs pour les placements financiers, nous voyons revenir depuis deux semaines des dossiers immobiliers sur les sites de crowd-funding.

La plupart sont d'une naïveté confondante. Qu'il s'agisse d'un optimisme de façade ou de simple candeur de la part des plates-formes, le résultat est le même: ces levées de fonds proposées comme si rien n'avait changé depuis deux mois sont anachroniques.

Programmes pré-commercialisés à seulement 30%, opérations d'achat-vente basées sur un prix au mètre carré établi fin 2019, projets portés par des holdings sans capital ni garanties: un investisseurs qui sortirait de trois mois de coma pourrait, en lisant les descriptifs, croire que nous sommes encore dans un moment d'exubérance irrationnelle et de croissance exponentielle.

Inutile de vous dire que ces dossiers représentent le summum du risque inutile pour les investisseurs, et qu'il faut les éviter à tout prix.

En parallèle, nous voyons toutefois des entreprises de l'économie réelle retrouver le chemin de l'activité. Bien sûr, il ne s'agit que d'une microscopique fraction des levées que nous étudions. Bien sûr, ces entreprises ont toujours une petite particularité, un petit caillou dans leur chaussure entrepreneuriale qui font qu'elles ont besoin de se tourner vers le financement participatif plutôt que de profiter de l'argent gratuit des banques.

Malgré tout, sur certaines levées, nous pouvons endosser en tant qu'investisseurs particuliers le rôle de financeur que refusent parfois les établissements de crédit. En contrepartie, nous touchons des rendements entre 8% et 10% par an.

Plus que jamais, nous sommes ultra-vigilants quant à la solvabilité et la rentabilité des emprunteurs. Nous ne retenons pas les entreprises dont le cash-flow dépend de la générosité publique (qui peut s'arrêter du jour au lendemain) et celles dont l'activité s'est interrompue à cause du coronavirus (avec une reprise encore hypothétique).

La bonne nouvelle est que toute notre économie n'est pas totalement zombifiée. Nous dénichons encore des entreprises qui n'ont pas souffert du Covid-19. Certaines ont même augmenté leur activité sur la période, et mettent sur le marché des produits innovants pour répondre aux nouvelles contraintes sanitaires.

Elles sont rares, mais elles existent encore et sortent du bois depuis quelques jours. Leur offrir le coup de pouce financier qui manque à leur croissance nous permet de reprendre avec optimisme et fierté notre casquette d'investisseurs en financement participatif.

Le moment est venu de profiter des nouvelles opportunités!

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