Êtes-vous sous la curatelle de votre banque ?

La question peut paraître osée, exagérée, provocatrice…
En effet, la curatelle au sens légale du terme est un régime de protection juridique qui s’adresse à une personne majeure dont les facultés de discernement auraient été altérées, à la suite par exemple d’un accident, de l’âge ou de la maladie. Vous qui nous lisez, il est peu probable que vous répondiez à ces critères.

Et pourtant, peut-être avez-vous été victime d’une banque vous jugeant inapte à gérer votre propre argent ?
Permettez-moi de vous expliquer…

Pouvoir disposer de son argent en toute liberté, une évidence ?

Cet argent, vous le placez sur votre compte en banque, pour en user librement selon vos désidératas du moment. Après tout, si vous devenez créditeur à l’égard de l’établissement financier, c’est pour pouvoir disposer de votre gagne-pain, selon vos impératifs et contingences du moment, pour vous faire plaisir, gâter un proche ou encore pour investir.
Et sur ce dernier point, vous êtes libre d’effectuer le placement que vous jugez intéressant : qu’il soit rentable, infructueux, spéculatif, sécurisé ou très risqué. Peu importe: vous êtes maître de vos propres décisions et votre conseiller bancaire ne doit pas entraver cela.

Ces évidences ne le sont pas forcément pour certaines banques traditionnelles qui sous prétexte d’une obligation de conseil fortement extrapolée, empêchent parfois leur client de disposer de leurs économies, agissant de la sorte comme des curateurs improvisés.

Ces banques qui empêchent leur client d’investir en cryptomonnaies

Ce constat se vérifie notamment pour des clients qui cherchent à investir en cryptomonnaies. En effet, il arrive fréquemment que des établissements invalident unilatéralement les paiements ou les virements sortant de leur giron, à destination de plateformes de trading de cryptomonnaies (comme Kraken ou Coinbase, géants réputés dans le domaine).

Récemment, un fait semblable était dévoilé dans la presse spécialisée.
« La caisse régionale du Crédit Agricole Atlantique Vendée […] a empêché un de ses clients, Arthur Chauvet, de réaliser un virement de 15 000 € en direction de Kraken », rapporte un journaliste des Echos.

Au départ, avec angoisse, le client s’inquiète de ne pas voir son virement arriver sur la plateforme, pas plus qu’il ne retrouve la trace des fonds sur son compte d’origine. Il suspecte le destinataire, puis après enquête se rend compte que c’est la banque qui a bloqué l’opération.
Le client en l’espèce investit pourtant depuis sept ans sur ce marché spéculatif, ce n’est pas un profane. En toute logique, il s’insurge contre le contrôle arbitraire exercé sur ses capitaux et devra attendre plusieurs jours avant de revoir la couleur des fonds.
Outré par cette décision péremptoire, il demande des explications et en guise de réponse, il reçoit la missive suivante :

«La Caisse régionale de Crédit Agricole Atlantique Vendée a décidé d’adopter une position de prudence face aux demandes de ses clients portant sur de telles opérations. [...] Notre décision a été prise afin de préserver les intérêts de nos clients et les protéger des conséquences financières et patrimoniales pouvant résulter de ces investissements.»

Suite de l’affaire, trois mois plus tard... Le service juridique de la caisse régionale se fend d’un courrier expliquant que la fin de non-recevoir visait à le « protéger des conséquences financières et patrimoniales pouvant résulter de ces investissements ».

Petite anecdote personnelle au passage

Mon nouveau conseiller bancaire (l’ancien, compétent, a été muté ailleurs) m’a récemment appelé s'inquiétant du fait que ma modeste assurance-vie n’était plus du tout véhiculée en fonds euro.

Horreur ! A la suite d’un arbitrage, j’ai effectivement décidé, dans le cadre de mon contrat, de transférer le montant correspondant au fonds euro, sur un fonds “or” constitué principalement d’actions minières.

La considérant comme étant fortement risquée, ma décision n’était visiblement pas du goût de mon interlocuteur. La légère perte enregistrée sur ce compartiment lui paraissait un bon argument pour intervenir.

Pour ma part, craignant pour les marchés actions, j’anticipais un rebond du métal jaune (qui par la suite s’est d’ailleurs confirmé). Si la décision s’avère perdante, c’est ma décision… Je n’ai pas donné suite.

Ces situations, que je trouve choquantes sont significatives d’une tendance croissante et profonde à déresponsabiliser les gens. Ne vous laissez pas faire ! Une telle situation vous est-elle déjà arrivée ? Votre banque vous a-t-elle déjà interdit l'accès à votre propre argent? Partagez-vos expériences en nous écrivant à [email protected] .

Soyez maître de vos économies. Vous seul pouvez juger des risques que vous pouvez prendre, et votre conseiller bancaire, pas forcément plus compétent que vous, n'a pas à jouer un rôle de tuteur.

Enfin, continuer à vous informer et à vous renseigner. La connaissance sera votre meilleure atout !

Bonne semaine,
Philippe Barry

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