Le financement participatif, grand gagnant de 2018

-72 % sur le Bitcoin, passé de 11 222 € le 1er janvier 2018 à 3 185 € un an plus tard.
-10,5 % sur le CAC 40 sur la même période, en tenant compte de la remontée fantastique depuis son plus bas annuel du 27 décembre où sa performance sombrait à -13%.

Les investisseurs hexagonaux n'ont pas eu beaucoup d'occasion de dégager des plus-values en 2018, et les investissements dans les stars de 2017, Bitcoin en tête, se sont révélés désastreux.

Ceux qui ont parié sur les marchés nord-américains ont pu, de leur côté, profiter de l'affaiblissement de l'Euro et de la hausse des valeurs technologiques US... tout du moins jusqu'au mois de septembre. Depuis, les indices américains ont bu le bouillon. NASDAQ 100, S&P 500, tous ont fini l'année dans le rouge.

Beaucoup de particuliers investis en actions cotées ont par conséquent vu leur patrimoine placé sur les marchés perdre de la valeur en 2018. Une réalisation bien douloureuse après 9 ans de hausse quasi-ininterrompue!

Impossible de dire si le temps est venu de se renforcer sur les marchés action après trois mois de baisse violente, ou si la purge boursière à vocation à se prolonger en 2019.

Une certitude: les chiffres des levées de fonds hors marchés cotés sont restés excellents en 2018.
La plate-forme Seedrs, un des leaders du financement participatif au Royaume-Uni, a annoncé avoir collecté plus de 200 M£ l'année dernière, en hausse de +60% par rapport à 2017. Au total, ce sont plus de 500 M£ qui ont été injectés dans l'économie réelle via le site depuis sa naissance en 2012.

 

Un nouveau visage pour le crowd-funding

Cette augmentation de la taille des enveloppes s'accompagne d'une mutation de la physionomie des levées. Les dossiers mis en avant sont de moins en moins affaire de petites entreprises levant quelques dizaines de milliers d'euros, et de plus en plus structurés.

En 2012, les entreprises accompagnées par Seedrs recherchaient environ 10 000 £ par levée. L'année dernière, le plus gros dossier pesait 12 M£ à lui seul...

Qui dit gros montants, dit aussi gros acteurs.
Il devient rare de voir des tours de table supérieurs à 500 k€ dans lesquels aucun fonds n'est présent. Le recours au financement participatif a, dans ce contexte, une utilité un peu différente pour la start-up: il s'agit bien souvent soit de rassurer les investisseurs en capital-risque sur la capacité de l'équipe à convaincre un grand nombre de "petites mains" (une compétence qui sera nécessaire pour envisager une IPO), soit de faire tout simplement de la publicité autour de l'entreprise.

Nous sommes, dans ces situations, très sensibles à la place laissée aux investisseurs particuliers. Investir en parallèle d'un fonds n'est pas, en soi, une mauvaise idée, mais la plus grande vigilance s'impose pour s'assurer que les particuliers, par définition très minoritaires, n'assumeront pas tous les risques sans perspective de gains.

 

Le stock-picking toujours d'actualité

De nombreuses plates-formes de financement proposent, ou ont dans leurs cartons, des mécanisme de saupoudrage des investissements.

L'idée est simple: plutôt que de prendre le risque de passer à côté d'une pépite, l'investisseur confie à la plate-forme un montant à investir sur une année et se retrouve actionnaire de l'ensemble des entreprises proposées.

Diversification, simplification du processus de sélection, assurance de ne pas manquer une opportunité vue trop tardivement... le concept ne manque pas d'attrait et peut être séduisant à première vue.

Pourtant, il reste très dangereux dans le principe. En confiant aveuglément aux plates-formes leurs économies, les investisseurs se coupent de l'inévitable travail de sélection et les plates-formes perdent toute incitation à ne choisir que les meilleurs dossiers.
Leur intérêt devient de faire du volume plus que de la qualité -- une situation d'autant plus dangereuse que l'expérience montre qu'elles osent parfois proposer à la collecte des dossiers bien peu crédibles.

Le financement participatif devrait rester, cette année encore, un secteur dynamique. Les particuliers doivent simplement veiller à ne pas céder aux sirènes des plates-formes pour qui tous les dossiers méritent d'être financés, et continuer à se diversifier avec la plus grande prudence.

 

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