Les institutionnels se tournent vers la finance participative

Les grands noms du financement participatif ont pour la plupart publié leurs chiffres de l'année écoulée.

Le constat général est celui d’une augmentation de l'activité : les collectes en finance participative augmentent en France et à l’étranger. Cela vaut pour le crowd-lending, le crowd-equity et le crowd-immobilier.

Au Royaume-Unis, la plateforme de crowd-equity Crowdcube prospère. Elle a enregistré une hausse des encours de 72% par rapport à 2017, soit 224 M£ pour 2018. Seedrs, un autre acteur d’envergure, enregistrait une hausse des fonds collectés de 56% par rapport à 2017, soit 195 M£ pour 2018.

En comparaison de nos voisins d’outre-manche, la France reste encore un marché en devenir même si nos acteurs affichent également des résultats en croissance. Les leaders Wiseed et Anaxago, positionnés à la fois en crowdequity et en immobilier (crowd-immo) ont tous les deux dépassé le cap des 100 M€ récoltés par leur entremise, depuis leurs créations respectives en 2008 et 2012.

Wiseed vise les 200 M€ collectés pour 2019. Un objectif ambitieux puisqu’il revient à doubler le montant des collectes en l’espace d’un an seulement, alors que la plateforme a dix ans d’existence. Après tout, fort d’une centaine de sorties positives d’investissement principalement en immobilier, la plateforme attire les investisseurs qu’ils soient des particuliers comme vous ou des institutionnels* en recherche de diversification. Il n’y a pas de mal à être ambitieux !

Anaxago de son côté a levé 40 M€ en 2018. Sur l’année, les investisseurs ont été gratifiés de 20 sorties positives sur les projets immobiliers et de 3 sorties positives en equity, soit 12 M€ remboursés.

A mesure que ce marché gagne en maturité, une tendance se dégage. Les investisseurs institutionnels, communément surnommés les “zinzins”, se positionnent de plus en plus sur cette finance qui au départ s’adressait dans sa nature à la foule des investisseurs, aux particuliers (d’où le mot anglais de “crowd” “funding” = financement par la foule).

“[Les plateformes de crowdfunding] intéressent de plus en plus les investisseurs institutionnels. Des assureurs comme des mutuelles n’hésitent plus à consacrer quelques dizaines, voire quelques centaines, de millions d’euros à des prêts octroyés en ligne par ces acteurs.” rapporte le journal Option Finance.

Dans le domaine du prêt, la place des “zinzins” gagne effectivement une prépondérance notable. Sur des plateformes de crowd-lending comme October (ex-Lendix), Credit.fr ou encore Wesharebonds, ils participent à chacun des dossiers. Leur contribution se monte généralement à 50 % de l'enveloppe totale.

Les investisseurs professionnels lorgnent aussi sur le crowdequity dans une même optique de diversification. Ils sont alors logés à la même enseigne que les investisseurs particuliers. Pour les plateformes elles-mêmes, c’est l’occasion de nouer des partenariats sans lesquels elles survivraient plus difficilement.

“54% des gérants des plus grosses sociétés de gestion du monde s’attendent à un ralentissement de l’économie en 2019, cela conforte notre conviction d’investir dans des tendances fortes à long terme et soutenues par des besoins importants : l’innovation et l'immobilier.” souligne Anaxago sur son blog.

La présence des acteurs institutionnels au côté des particuliers dans les campagnes de financement participatif montre que ces poids-lourds se méfient de plus en plus des marchés cotés et que le crowdfunding gagne en crédibilité. Pour les start-ups et PME, elle permet de lancer des tours de table plus ambitieux. Enfin, pour les investisseurs individuels que nous sommes, c'est l'opportunité de pouvoir financer des dossier d'envergure au-côté de poids-lourds de l'investissement.

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