Uber contre l’économie réelle

A moins de vivre dans une grotte, coupé de l'actualité financière, vous n'avez pu échapper à la nouvelle: le géant du transport de personnes et de nourriture Uber est désormais coté à la Bourse de New York.

L'IPO d'Uber était une tambouille savamment orchestrée pour que les investisseurs, petits et grands, aient peur de passer à côté de l'action du siècle.
Depuis combien de temps n'avons-nous pas eu l'occasion d'investir dans une entreprise révolutionnaire? Apple, Microsoft, et même Facebook font désormais figure de dinosaures. Ces dernières années, Snapchat et GoPro n'ont certes pas tenu leur promesse de bouleverser notre quotidien, mais Uber, promis-juré, sera l'entreprise qui rendra le XXIe siècle différent du précédent.

Après tout, un monde où les taxis seraient omniprésents, où posséder une voiture ne serait ni pratique ni financièrement intéressant pourrait avoir son charme pour ceux qui n'apprécient pas spécialement de conduire eux-même leur véhicule...

 

Une promesse intenable

Le problème n'est pas dans ce "nouveau monde" qu'Uber et consorts nous proposent. Chacun voit midi à sa porte, et seuls les consommateurs sont à même de décider s'ils préfèrent conduire ou être conduits.

Le problème est que toutes ces entreprises ne savent pas comment organiser de manière pérenne un tel système. Elles ne sont toujours pas rentables après des années de service et, pire encore, creusent leurs pertes à mesure de l'augmentation de leur activité.

La stratégie de dumping d'Amazon, qui maintient sa rentabilité sous pression depuis sa naissance, n'est pas une fatalité. Avec ses parts de marché, le géant peut désormais tout à fait augmenter ses frais de fonctionnement et devenir très rentable du jour au lendemain. Le fait que l'action soit hors de prix ne change rien au fait que l'entreprise pourrait être rentable.

Uber & Cie réussissent le double exploit d'être sur-valorisés et structurellement déficitaires. A moins de parvenir à se passer d'être humains au volant des voitures, ces entreprises ne pourront jamais concilier prix bas, respect du code du travail, et rémunération attractive des chauffeurs. Parier sur les VTC, c'est parier de manière détournée sur l'arrivée des voitures autonomes: une stratégie d'investissement des plus tordues!

Le plus gênant est que cette IPO n'emportera pas que l'argent de hedge fundstrop suiveurs pour oser s'écarter du troupeau. Le relai médiatique de l'introduction en Bourse est sans précédent, et même la presse généraliste s'est fait écho de cette opportunité d'acquérir des actions du géant américain.

Résultat des courses? Après une journée de cotation, Uber remporte désormais la palme de la pire IPO de l'histoire avec une baisse de valorisation de plus de 618 millions de dollars.

 

Un retour à la réalité reste possible

Ce cirque médiatique ne doit pas faire oublier qu'il existe des entreprises rentables, en croissance, et dont les actionnaires savent que chaque jour qui passe les enrichit.

L'une de nos pépites, ISO Spaces, a d'ailleurs annoncé il y a quelques heures ses résultats du dernier trimestre, et ils sont excellents.
Les reliquats de commandes 2018 sont en train d'être livrés, et le carnet de commandes continue de se remplir. Le chiffre d'affaires et l'EBITDA sont en hausse, non seulement sur 1 an, mais aussi par rapport au trimestre précédent.

Suite à la signature de nombreux contrats (dont certains courront jusqu'à 2020), la direction confirme son objectif d'augmenter simultanément l'activité et le résultat net cette année.

Comme quoi, le biais de la Silicon Valley n'est pas une vérité universelle: la croissance d'une entreprise peut tout à fait être rentable et ne nécessite pas obligatoirement de vider les poches de ses actionnaires.

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